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STIB et TC

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Retour au bercail!

Nous voilà donc à Quévy, dans le tiroir 3kV, pour un changement de front. (Vous n'avez pas lu le début de l'histoire?? Cliquez ici!)

C'est quoi un changement de front? Et bien, au départ il s'agit de changer de cabine de conduite. Simple me direz-vous??? Ben, c'est à voir! Il y a plusieurs cas de figure :

  1. On doit simplement repartir dans l'autre sens, pour accrocher une rame par exemple.
  2. On est occupé à des manoeuvres complexes qui vont demander de multiples changements de front dans les minutes à venir : cas fréquents dans un triage....
  3. On va vraiment repartir dans l'autre sens, pour "rentrer au bercail"....
  4. Les 3 cas ci-dessus, dans une configuration en UM.......

Ben ou sont les différences????

Dans le cas 1 nous savons que nous allons revenir dans la cabine actuelle, donc nous laissons le chauffage par exemple, et nos petites affaires dans ce poste! (et oui, le Ct a son "petit" confort!)

Dans le cas 2, pareil mais en répétitions multiples.......

Dans le cas 3, on embarque armes et bagages dans l'autre poste...

Dans le cas 4, c'est un peu plus compliqué : descendre sur le ballast, ok, mais au fin fond d'un triage, la nuit, il fait noir, très noir! Il faut vraiment faire attention ou l'on va, pour passer d'une machine à l'autre. C'est vrai qu'avec l'habitude le Ct fini par connaître certains tiroirs comme sa poche, mais dans les grands triages les surprises sont fréquentes....

En plus, le Ct doit aussi couper/désactiver une série de trucs.. d'interrupteurs, ?? Retirer la clef de sens de marche, et tous ces trucs que je ne connais pas encore!!!

Bref, ici c'était très simple : point 3 d'application!!!

Petit mouvement ouvert, on redescend vers la gare de Quévy. Chance, nous rentrons à FSR à vide. C'est samedi et il n'y a pas trop de trafic. J'aurais préféré un 1800T, avec une consigne à 80km/h à cause d'une boite chaude, mais bon, on fera avec!

Autant en profiter : d'ici à Mons, ça descend... Connaissez vous la physique appliquée aux chemin de fer? J'ai été longtemps à l'école, mais cela on ne me l'a pas apprise.. Voyez plutôt ...

Pente i>12, entre le point A et le point B. Ca fait une 20aine de Kms, on est tout seul, pas de marchandises derrière nous puisqu'il devrait nous avoir passé ses wagons, rien devant non plus! 87 tonnes, un petit cran pour décoller la machine, 15 Km/h au bout du quai. On est en petit mouvement donc maximum 40km/H jusqu'à ce feu là-bas, puis c'est la ligne. La machine roule toute seule, déjà on entre sur la principale à juste 40km/h. La vitesse augmente encore, lentement mais sûrement. 50, 60, 70km/h, ben oui, la force de l'inertie et la pente font le reste. A Frameries, on est à 80, et un faux plat nous fait revenir à 75... Mais la pente reprend de plus belle et nous arrivons à l'entrée de Mons, pile poil à 100km/H.... Juste la bonne vitesse pour traverser Mons!

Que retirer de tout cela??? Moi, je dis que c'est là le boulot, la connaissance, et le feeling du vrai Ct. Arriver au sommet de la bosse avec un 1500T à la bonne vitesse, plonger dans la descente avec ce qu'il faut de crans pour arriver sur le panneau de limite de vitesse, etc.. C'est là l'art de la conduite; non?

Nous traversons Mons à bonne allure, dans ce sens ci cela secoue moins que tantôt! On peut rouler à 120km/h, et on ne se prive pas d'une accélération franche. Les kilomètres défilent. Et puis, surprise, un 2 feux jaune.. Réaction immédiate, le rhéostatique entre en action et la vitesse retombe. La radio sol-train sonne : le dispatching appelle...Confirmation et surprise : le 2 jaunes veut dire que nous allons passer à contre-voie.. Ce qui est étonnant puisque le chantier de Soignies nous oblige a rester ou nous sommes. L'explication vient du dispatcheur : un train arrive dans l'autre sens, et son itinéraire est tracé. Pour gagner du temps, on nous mets à contre voie,ce qui nous permet de continuer plus loin sans arrêter le train descendant. Voilà l'aiguille, et nous roulons calme : la prudence est de rigueur... ( ben oui, l'autre train est AUSSI a contre voie.. On va donc croiser un train en circulant tous à "l'envers"!!!!). Bientôt, l'entrée de Jurbise est là, nous avons un rouge, et les signaux de l'autre voie nous ont permis de suivre l'arrivée du train dans l'autre sens. A le voir (enfin) arriver, nous nous sommes dit que lui aussi avait du être averti et avait largement ralenti son allure! Par ailleurs, la conversation dans le poste de conduite a rapidement "dévié" sur les "mesures de précaution" à prendre dans le cas ou les feux blancs de l'autre loco ne seraient pas sur la bonne voie! Mais bon, tout se passe entre pros, et nous repartons vers l'aiguille qui nous ramène à voie normale.

Pas 5 kilomètres plus loin, nous passons à la bifur de la ligne 90. Une 27 et une rame de wagons trémies arrive en même temps que nous, mais doit freiner puisque nous passons devant! Je suis tout à fait d'accord sur le fait que nous allons foncer devant, ASAP, afin que notre collègue et sa (probable) lourde rame ne doive pas s'arrêter et repartir! Les crans montent, nous voilà à 120 sans problème. La 27 peut y aller, elle a voie libre autant que nous maintenant.

Nous repassons à hauteur de l'automotrice ES, un coup de klaxon et un franc ralentissement pour nous assurer de la sécurité des uns et des autres, et aussi un grand salut de la part des gars  de la caténaire juchés sur le toit de l'automotrice. Soignies approche, limite de vitesse et feux pour protéger le chantier, 40km/h!

Ensuite, on repart vers Halle, tout est vert jusqu'aux aiguilles de la ligne 26. Ici, on a des consignes de vitesse faites pour gagner du temps : c'est un peu dur a expliquer par écrit, mais on peut voir des "préannonces" de vitesses sur les mats des feux. Cela permet au Ct de réaccélérer plus vite car il sait que la consigne suivante est à telle vitesse max. En effet, un marchandise de 1000T cela n'accélère pas aussi vite qu'un vélo ou une voiture! Or, ici, nous sommes à 40km/h. On peut voir que la prochaine consigne sera à max 50km/h, le Ct peut donc tractionner jusqu'a cette vitesse. Au feux suivant, on a effectivement un vert 50km/H, avec une annonce de la prochaine vitesse à 90km/H. On retractionne un coup, et au feux suivant (celui de l'entrée de la ligne 26) la consigne est effectivement de 90km/h. Oh pour nous, avec notre machine seule, c'est clair que cela ne fait pas de grande différence. Mais pour une UM 23-26 avec un bon marchandise derrière, cela est une autre paire de manches!!!

Et nous voici donc sur la 26! Ligne qui m'intéresse un peu plus que les autres : la gare de Josaphat est là bas un peu plus loin! Oooh, elle n'est pas plate! De plus, un tunnel de 1km passe sous le bois de la Cambre, et bientôt nous arrivons au croisement de la l161. Là nous longeons le dépôt de la STIB (Delta) avant de nous ruer dans le tunnel du Cinquantenaire. C'est pas un petit celui-là! 1716 mètres de long, en dessous de la ville, avec une gare à son début (Mérode). Quand on en sort, nous sommes à Meiser SNCB, puis rapidement à Josaphat. Evere passe, a cette heure (2h du mat') il n'y a pas grand monde sur le quai. Tiens, un 2 jaune en vue. Le rhéostatique fait entendre sa chanson... Rouge?!?!? Nous nous arrêtons à hauteur de la fin du dépôt de la STIB de Haren . 3 minutes d'attente, pas de changement.. Humpf! Allez, ce coup ci on est mur pour le téléphone! C'est Zaventem qui est responsable de ce signal. Ben oui, c'est le cas : marche à vue! Le signal est défectueux, il faut remplir le bordereau ad hoc. Après cela, nous devrons être attentifs à tout : il faut vérifier tout l'environnement ferroviaire, et la machine doit pouvoir s'arrêter à tout moment.

Le pont de la ligne 36 est bien à sa place, l'aiguille juste avant est dans le bon sens. On arrive à l'Y Keelbeek Sud, l'aiguille est aussi ok, il n'y a pas d'obstacle sur la voie, la caténaire nous délivre toujours ses ampères. Voici la bifurcation d'entrée vers FSR : de nouveau un signal rouge!!! Ce coup ci, nous n'attendons pas et téléphonons directement à la cabine. Ok, c'est normal, il faut tracer notre itinéraire... Mais bon, comme on entre à 20km/h, cela n'ira pas beaucoup plus vite que dans les derniers kilomètres... Les aiguilles se rapprochent , idem pour les feux! Il s'agit vraiment de faire gaffe, les sections sont au plus court, et les feux se mélangent!! Et puis voilà, il est 2h05, nous entrons sur le gril de FSR. Après avoir communiqué le numéro de la machine, nous allons la garer et faire une mise à plat dans les formes...

Et voilà! Mon Ct favori doit encore être réserve pendant 1h - 1h trente, puis il pourra rejoindre ses pénates! Et demain, il recommencera un service peut-être semblable, peut-être complètement différent : on ne sait jamais ce qui peut arriver, et ici ce fut un bon service pas trop compliqué malgré certains à-côtés!

J'ajouterai que c'est vraiment un plaisir pour moi que de voyager en cabine! Je ne sait pas à quoi cela tient, mais je vous jure que je recommencerai à chaque occasion! Et pour autant que cela soit possible, je vous ferez part de mes impressions à chaque fois! Et aussi en images, mais cette fois-ci cela n'était pas possible...

Le début de l'histoire

Images de trains : la SNCB vue par Ferrosteph


Merci de me votre avis!  

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